Ici de suite vous pouvez lire 12 témoignages de femmes burundaises que pendant leurs vies et surtout dans ces derniers et difficiles années de l'histoire burundaise, ont montré du courage, de la ténacité et de l'amour, avec des simples et quotidiennes mais extraordinaires et efficaces gestes d'accueil, d'aide et de respect envers leurs prochains. Les témoignages ont été éctites par Dona Mabonge avec la collaboration de Ngendakuriyo Egide et de Harushimana Guillaume.

 

Madame HICUBURUNDI Véronique

Née en 1939, Madame HICUBURUNDI Véronique, domicilié dans le quartier Cibitoke, 6e avenue n° 22 est âgée de 66 ans. Mère de 9 enfants dont 7 vivants (6 filles et 1 garçon) et grand-mère de 16 petits enfants.
Son 1er sauvetage se passe en 1989. Véronique va visiter une parenté qui habite à la 8e avenue du même quartier. Une femme, voisine de sa parenté, leur raconte en cachette que son frère a dans son panier l'enfant que sa femme vient de mettre au monde. Comme personne ne peut assurer la survie d'un bébé déjà en mauvaise santé, ils ont décidé d'aller le jeter car de toutes les façons, très mal en point, l'enfant ne survivra pas . Ayant entendu cela, et très scandalisée, Véronique dit : " vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? Si personne dans votre famille ne peut s'en charger, eh bien donnez-le moi. " raconte-elle avec colère. Le bébé lui est remis et elle l'amène chez elle à la maison. Mais d'autres problèmes surgissent : sa famille est contre la venue du bébé car elle trouve qu'il y aura encore plus de dépense avec les moyens déjà limités en leur possession. " Mon mari a fait même chambre à part avec moi pendant toute une année pour protester ". confit-elle en riant malicieusement. Mais depuis, l'enfant a été adopté par toute la famille et est maintenant devenue une belle fille de 15 ans.
Son 2e sauvetage se passe en 2000. Les habitants du quartier rentrent à compte goutte de leur déplacement à cause de la guerre. Ce jour-là, très tôt, les militaires viennent réveiller Véronique et lui demandent de les suivre parce qu'ils viennent de trouver un bébé. Elle sort précipitamment du lit et accompagne les militaires dans la rue à côté, la 7e au n°5 et là, elle trouve un nouveau-né en pleurs caché sous des ronces. Vite, elle dégage les ronces, prend le bébé, l'amène à la maison, chauffe de l'eau, le lave et l'amène à l'hôpital pour les soins. Après, il y a le problème de pouvoir nourrir le bébé. " Heureusement, je vais au CJK où une sœur me fait un papier et je suis reçue chez Buyengero où pendant 8 mois, le lait du bébé et autres soins sont assurés sans problème. "
" Actuellement, Noëlla Havyarimana a 5 ans et c'est la cadette de ma famille " dit-elle avec fierté.
Ce problème de grossesses et d'enfants non désirés est l'un des problèmes de société auxquelles la population et les autorités devraient faire face car en plus des adultes et des jeunes, des mineures aussi vivent une sexualité débridée et nos communautés ne réagissent même pas. Peu sont les faits qu'on entend sur les avortements et encore très peu sur les enfants qui sont tués et jetés à la naissance. Combien y-a-t-il de ces victimes qui tombent dans le secret et le silence ?
Ce problème de mœurs se complique en plus avec toutes sortes de maladies sexuellement transmissibles et surtout du Sida
Que des questions posées par Véronique : " que font les parents ? que font les communautés ? que font les autorités ? ça durera jusqu'à quand ?… " c'est un appel à tous et surtout aux femmes qui sont le berceau de la vie.


Madame BUKURU Pascasie


Elle s'appelle Pascasie Bukuru, a 76 ans, veuve de son mari tué pendant la destruction de l'Eglise de Kinama et mère de 2 enfants (une fille et un garçon), tous morts tués.
Dans les premières périodes de la guerre, début 1994, il y a beaucoup de tirs pas de répit la journée ni la nuit. Des gens meurent, fuient et retournent encore. En plus des tueries et d'enlèvements, il y a le phénomène " viol " qui n'est pas encore très fréquent.
Pendant les soirées, les gens rentrent très tôt et se barricadent chez eux pour ressortir encore le lendemain matin si les tirs ont diminués.
Cette soirée-là, comme toutes les autres soirées, Pascasie et sa famille s'enferment dans leur maison. Aux environs de 19 heures, des hommes armés viennent frapper et exigent que la porte soit ouverte sinon qu'il y aurait un dégât. La famille se regroupe et mari de Pascasie est obligé d'ouvrir. Quelques uns du groupe de ces hommes armés entrent dans la maison. Ils exigent à la fille de les suivre. Les autres de la famille veulent discuter mais sous la menace, ils se résignent à voir leur enfant partir. Et le lendemain, la fille est trouvée morte dans un terrain de culture, une bouteille de primus insérée dans le sexe. Et tristement, Pascasie ajoute : " nous n'avons rien fait… rien dit... nous l'avons seulement enterrée… Elle avait 20 ans. Et dans la même année, mon fils est tué aussi. "
En 2000, elle vit seule. L'insécurité est encore grande. Une famille vient lui demander de l'héberger car leur maison a été détruite. Deux mois après, cette famille disparaît et un soir, un militaire arrive, lui fait ouvrir la porte et lui demande d'aller lui montrer la 20e avenue. Pascasie lui dit qu'elle ne peut pas car c'est dangereux de se promener à ces heures-là. Le militaire s'énerve. Il commence à lui donner des coups de bottes dans le ventre et sur la tête. Elle crie mais personne n'ose sortir à cause de la peur. " Le 6e coups que j'ai reçu sur la tête m'a anéantie et j'ai perdu connaissance. Quand je me suis réveillée, quelqu'un était sur moi, nu. Je lui ai tordu son sexe, il est tombé et moi, je me suis sauvée. " Le lendemain matin, le Chef de Zone de l'époque vient avec quelqu'un de la Ligue Iteka et on l'amène pour les soins.
Et elle ajoute : " Et jusqu'aujourd'hui, je continue à aller me faire soigner. Tu sais quand je suis venue vous voir, 10 jours après mon agression, j'ai voulu témoigner même si en ce moment-là c'était dangereux. " Et avec espièglerie, elle dit : " de toute façon, je suis une vieille femme " et elle rit.
Madame Pascasie Bukuru a été parmi les premières femmes à dénoncer publiquement le viol fait par des hommes en arme. Elle a en charge 3 orphelins qu'elle a recueillis et vit encore avec des séquelles de cette abomination.

 

Madame NDABAHINYUYE Charlotte

Son nom est Ndabahinyuye Charlotte veuve. Elle habite Cibitoke 8e avenue n° 82 et a 63 ans. Elle est veuve d'un mari tué en 1972 et mère de 6 enfants tous morts dont 3 pendant la guerre et 3 autres par maladies. Elle a en charge 6 orphelins : 2 petits enfants et 4 autres dont les parents - mon frère - sont décédés. " la vie nous apprend beaucoup et je suis reconnaissante au Tout Puissant de m'avoir préservée telle que je suis avec mes petites joies et mes peines de chaque jour " Comme la majorité des femmes, elle a agriculture comme métier car elle n'a pas pu étudier beaucoup suite à une maladie pendant son enfance : " je serai peut-être aussi capable de parler en français si j'aurai fait des études " ajoute-t-elle en riant. Elle dit que son histoire est banale car il y a beaucoup d'autres qui ont vécu la même chose, sinon pire qu'elle. Quand la guerre commence en 1993, elle pense comme beaucoup d'autres que ça ne prendra peut-être que peu de temps. Dans cette même période, sa fille aînée de 45 ans est brûlée vive sur la route de Bugarama : c'est la première victime de ce genre. Son troisième enfant - un garçon - est mort décapité à Ngozi par des gens venus de Karusi, une autre province. " Quand cela est arrivé, j'ai cru être au fond du désespoir. Mais d'autres gens, de toutes les ethnies, ont subi le même sort ou d'autres atrocités innommables qui ne seront peut-être jamais connues ni poursuivies en justice " ajoute-t-elle avec tristesse.
Son frère, officier dans l'armée nationale en Mairie de Bujumbura a été tué à Kinama et son cadavre ne sera retrouvé qu'une semaine après. C'était celui-là qui survenait à tous ses besoins.
Malgré ces pertes et pendant que les quartiers Nord sont balkanisés, Charlotte sauve un garçon hutu de rubirizi avec ses 5 caisses de bière des mains des milices avec l'aide d'un officier de la police municipale. Elle intervient aussi pour sauver un congolais, qui, étant venu saluer sa sœur enseignante à Kinama a eu le malheur de passer par Cibitoke et tomber dans les mains des milices qui le poignardent partout.
" Le bien ne se perd jamais : les 2 garçons que j'ai sauvés sont revenus me voir pour me remercier " me dit-elle avec fiérté.
Elle a participé aussi dans le programme de sensibilisation et de mobilisation pour le retour des hutus qui ont fui le quartier. Elle abrite aussi depuis 1995 jusqu'aujourd'hui, un veuf venu de Tenga dont toute la famille a été décimée.
" Cette guerre a fait beaucoup de dégât tant humain que matériel mais cela ne doit nous pousser ni à la vengeance ni à l'amertume " affirme-t-elle avec force.

 

Madame NIYONKURU Suzanna

" Je m'appelle Suzanna Niyonkuru, née à Kamenge. J'y ai toujours vécu sauf quand la guerre nous a obligés d'abandonner tout et de nous déplacer temporairement. J'ai 7 enfants et 43 ans "
Ce quartier a été au cœur de la guerre dans la Mairie de Bujumbura avec Kinama et une partie de Cibitoke limitrophe de Kamenge pendant que, dans les autres quartiers de Bujumbura, les gens vivaient plus ou moins normalement.
En octobre 1994, tous sont partis et le quartier est resté vide pendant 2 ans. Les gens ont beaucoup souffert, surtout nous les femmes qui devaient prendre en charge les enfants pendant que les hommes étaient soit au combat, soit en fuite, soit morts. Les gens ont erré dans tous les coins : dispersés dans d'autres quartiers, regroupés dans des sites de déplacés ou installés dans des endroits marécagés où personne n'a jamais vécue auparavant. La vie était devenue invivable et les aides quasi absentes ou du moins trop peu pour certains qui avaient la chance de les recevoir. Beaucoup sont morts de malnutrition, de balles ou de maladies. La peur, la suspicion et le désespoir étaient omniprésents. Des rumeurs courraient que personne ne retournerait dans ce quartier, qu'on y construirait un camp militaire ou on y fera un pré pour les vaches.
Après des mois et des tractations, la population a enfin été autorisée à entrer dans ce quartier. Tout était détruit : aucune maison n'avait un toit, l'herbe dépassait la hauteur d'homme ; c'était devenu la jungle. " Il ne manquait que des antilopes pour qu'on soit en forêt " dit-elle avec amusement.
Après 2 ou 3 visites, les gens ont eu la permission de pouvoir se ré-installer.
Il y a eu une trentaine de personne qui sont revenues en premier et qui étaient obligées de vivre tous ensemble dans 6 maisons à moitié démolies à côté du quartier Ngagara. Ces personnes sont toutes mortes de faim. En 1997, les autres ont commencé à retourner et vivaient à 10 ou à 20 dans une ruine. C'étaient surtout des femmes et des enfants.
" Nous avons eu de la chance que le Centre Jeunes Kamenge nous a aidé avec du matériel pour le débroussaillage et nous avons décidé de commencer à reconstruire en fabriquant des briques. Avec le concours du Centre Jeunes Kamenge et du Centre de Paix pour les femmes, nous avons été dans différents sites : chez Jonhson et chez le Gentil et à Gatumba pour sensibiliser nos voisins hutu d'abord de retourner dans notre quartier et pouvoir reconstruire ensemble. Après nous avons été dans les sites de nos voisins tutsi ainsi que dans d'autres quartiers pour les sensibiliser de revenir. "
A cette période, le dénuement des gens était total et ils devaient survivre. Ainsi, l'idée des associations a pris naissance et leur priorité à cette époque était la lutte contre la faim, l'entraide et la cohabitation pacifique. Pendant ce temps aussi il n'y avait pas d'électricité ni d'eau courante. Ainsi les femmes étaient victimes de viol commis par les hommes en armes si elles allaient chercher du bois dans les coins du quartier encore inhabités, pendant qu'elles allaient chercher de l'eau très tôt ou pendant la nuit. Alors pour nous procurer ce dont nous avions besoin, nous nous sommes convenues de partir en groupe pour limiter les agressions.
C'est par les femmes que la réconciliation et la reconstruction ont été possible car elles ont toujours l'art d'inventer des solutions pour la survie.
Elle termine en disant : " Nous les femmes, nous devons être fières de ce que nous avons réalisé car nous avons permis à ce quartier de revivre ".

 

Madame SIMBANDUMWE Scholastique


Elle est Simbandumwe Scholastique, mariée et mère de 7 enfants et s'occupe aussi de 4 orphelins. Elle a 43 ans et vit à Mubone qui, auparavant, faisait partie de la Province de Bujumbura rural, Commune Mutimbuzi et est devenu actuellement un quartier de la Zone Buterere en Mairie de Bujumbura.
Certaines localités ont tant bien que mal résisté au chaos de la crise comme nous le raconte cette dame : " Au tout début de la crise, nous nous sommes réunis pour constituer un comité de crise, hutu et tutsi réunis. Nous nous sommes accordés à rester solidaires et surtout nous étions d'accord pour mettre en garde nos jeunes contre les déviances des jeunes observées dans d' autres quartiers : menaces, tueries, pillage, etc. "
Apparemment, cette prévention a été salutaire du fait que toutes les maisons sont restées debout et intacts durant toute la période des évènements. Mubone a été un des quartiers qui a beaucoup servi d'asile, soit pour les gens fuyant les quartiers de Bujumbura Mairie : Kinama, Kamenge, Cibitoke, Bwiza, Buyenzi, Musaga, Kanyosha, soit pour ceux fuyant les communes de Bujumbura rural : autres localités de Mutimbuzi, Maramvya, Rubirizi, , Muzinda, Tenga, ect.
Avec l'aide de l'administration locale, l'accueil des déplacés a été organisé : il y en avait qui étaient logés dans des familles et d'autres dans des églises ou des hangars. Inévitables ont été des cas d'épidémies qui se sont déclarées à cause de la promiscuité et la famine aussi étant donné que tout ce monde, chez eux, vivait de l'agriculture et ils ne pouvaient plus de procurer l'essentiel pour vivre. " Nous regardions, impuissants, la misère dans laquelle vivaient les gens ; c'était vraiment poignant " dit-elle.
C'est alors que Scholastique et d'autres femmes venues des autres localités ont décidé de se mettre ensemble et de créer des associations pour survivre. Il y avait beaucoup de dangers en allant au champs à cause des bandits mais cela ne les a pas empêché de continuer car les dangers étaient partout : des viols quand les femmes retournaient voir leurs maisons pendant les accalmies, quand elles allaient chercher du bois de chauffage, et le vol et la destruction des maisons, etc.
Ajoutons que comme la guerre perdurait, il y a eu aussi chez nous des cas de vols, des tueries perpétrés par des groupes armés ; ce qui a fait que certains d'entre nous ont dû fuir le quartier par peur. Mais leurs maisons sont restées sous notre protection et n'ont jamais été démolies.
Actuellement, beaucoup de nos déplacés sont rentrés chez eux mais d'autres se sont installés chez nous définitivement.
" Ce qui m'enchante c'est que certains membres de nos associations qui sont retournées chez elles à Muzinda, Rubirizi, Maramvya et ailleurs ont constitué des nouvelles associations. Quand je rencontre certaines, elles me disent que ça marche très bien . Ce serait aussi formidable si nous pouvions nous rencontrer pour échanger ; cela nous ferait beaucoup de bien et renforcerait encore plus nos relations " me confie-t-elle.


Madame NSENGIYUMVA Marie Goretti


Madame Nsengiyumva Marie Goretti a 47 ans et vit à Kamenge. Elle est mère de 4 enfants et a en charge 6 orphelins.
La guerre a engendré des vulnérabilités : des veuves, orphelins et surtout les gens se sont trouvés encore plus pauvres qu'avant avec la destruction et le pillage de leurs biens.
" Quand nous sommes revenus dans notre quartier complètement détruit, nous nous demandions par quoi nous allions recommencer. Mais la malnutrition, le mauvais habillement, l'insalubrité des lieux et des dangers que cela représentaient nous a poussés à faire le choix de ce que nous devions faire. "
La recherche de la paix va de pair avec la satisfaction des besoins élémentaires. Les organisations qui nous réunissaient nous ont fait comprendre que c'est aussi à nous de fournir des efforts et les autres allaient nous appuyer facilement. Ce n'était pas facile de dire aux femmes de travailler pendant qu'elles manquaient de nécessaire. A cette époque, les gens pensaient qu'ils devaient être aidés matériellement pour pouvoir survivre.
" Comme les aides ne venaient pas, j'ai compris qu'il serait sage de chercher ces aides en faisant nous-même quelque chose. Et ce que nous pouvions faire en ce moment et que nous savions faire depuis toujours, c'était l'agriculture. " L'idée n'a pas plu à tout le monde mais certaines y ont adhéré et certaines associations sont nées dont celle où Marie-Goretti est responsable. Cette association " Abajinama " regroupe des femmes de Kamenge, Kinama, Mubone, Jabe, veuves dont certaines sont âgées.
" Notre association a été créée pour que nous puissions lutter contre la faim et nous entraider mais aussi apporter notre contribution à la réconciliation et la cohabitation pacifique ".
Elles font l'agriculture et la vannerie. Ces veuves ont beaucoup de difficulté à élever les enfants à cause du manque de nécessaire mais aussi à cause du climat d'insécurité morale qui caractérise tous les pays en guerre. Dans le souci de contribuer à la recherche de la paix, elle est l'une des femmes qui cherchent à diminuer les souffrances dues aux violences que les populations subissent et surtout les violences faites aux femmes : " c'est triste que la vie n'est plus respectée ici chez nous. On assiste aussi à une dégradation des mœurs qui devient de plus en plus effrayante. Je me demande quel avenir auront nos jeunes avec tout ce qui se passe " dit-elle.
En effet, depuis que la crise a commencé jusqu'aujourd'hui, on assiste à beaucoup de phénomènes : des viols des femmes, filles et enfants, des vols, des assassinats, des arrestations arbitraires, la prostitution des adultes et mineurs, des vengeances, des disparitions, l'augmentation de vulnérabilité : enfants de la rue, handicapés et plus âgés sans assistance, la délinquance, la prolifération des armes, l'inflation, des maladies transmissibles et carentielles, la drogue, l'abandon de la responsabilité familiale, l'alcoolisme, la corruption, etc. Tous ces problèmes minent notre société. Le plus grave, c'est la banalisation : beaucoup ne voit plus la gravité de ce qui se passe et trouve normal la situation de décadence actuelle.
" Il est malheureux de constater que tous ces phénomènes sont connus depuis longtemps. Il y a même des cas qu'on ne peut même pas dénoncer sinon on s'expose à un danger de mort. Tout ceci se complique avec l'impunité des crimes et une solidarité négative remarquée même dans la population à la base." ajoute-t-elle.
Malgré tout, certaines personnes sont conscientes que c'est la responsabilité du gouvernement et des communautés qui doit être engagée pour lutter contre ces fléaux.
Il y a aussi le fait que les gens ont vécu des souffrances sans nom avec tous les évènements qui se sont succédés dans ce pays depuis l'indépendance et que rien n'a jamais été fait pour atténuer les conséquences négatives au niveau psychologique.

 

Madame NDAYIZIGIYE Spès


Elle se nomme Ndayizigiye Spès, a 35 ans, enseignante, mariée et mère de 5 enfants mais a aussi en charge 4 orphelins, habite à Gasenyi.
A cette époque, elle habitait à l'ETS. Les populations fuyaient les combats qui se déroulaient dans les collines. Dès 1995, cette dame accueille chez elle 4 familles hutu venues de Gihosha et Gikungu rural : un couple, 3 veuves ainsi que leurs 12 enfants. Jusqu'en 1997, ces familles vivront chez cette dame.
Ces familles comme tant d'autres fuyaient puis retournaient chez elles quand il y avait accalmie. A la fin, Madame Spès les a accueillis chez elle en les dissuadant de retourner pendant que l'insécurité sévissait. Elle et son mari ont pris en charge tous les besoins de leurs protégés : nourriture, santé et scolarisation des enfants pendant qu'ils les hébergeaient car il ne restait plus rien à ces déplacés après le passage des combattants qui détruisaient et volaient tout.
Quand en 1997, les gens de Gikungu et Gihosha rural ont commencé à rentrer chez eux, ils ont gardé les enfants avec eux. Ce n'est qu'en 1998, que ces familles ont dû rentrer avec leurs enfants chez eux.
C'est alors que pour permettre à ces familles de survivre, elle et ces femmes ainsi que d'autres qui ont accepté de se joindre à elles, elles ont formé une association agricole étant donné que ces femmes ne savent faire que cela.
Aujourd'hui encore, après que l'homme du groupe soit mort tué par un obus, la famille de Madame Spès a repris en charge les 2 enfants de celui-ci. Elle continue à payer leur scolarité et à aider leur maman qui a été traumatisée par la mort de son mari.
" Je me devais de continuer pour parachever mon action et ne pas m'arrêter en chemin " dit-elle.
En plus, elle a aidé une des famille qui habitait chez elle depuis 1995 à reconstruire leur maison à Gihosha rural afin de faciliter le retour chez elle. A cette occasion, elle a mobilisé les femmes de son association pour fabriquer des briques adobes et s'est chargée du reste à ses frais.
C'est dans des situations difficiles, malgré les souffrances et l'impuissance, que certaines personnes font remarquer leur humanité. De partout sur le territoire, il y a beaucoup de références et beaucoup de témoignages en ce sens. Ceci pour nous montrer que faire le bien ou le mal est un choix. Nombreux sont ceux qui se déchargent de leur faute, crime ou inaction sur d'autres pour se déculpabiliser. Que l'on soit manipulé ou non, la responsabilité de chacun doit être reconnu et accepté parce que la conscience du mal dans le fait de tuer, de détruire ou de piller est dans chacun de nous.


Madame NYANDWI Espérance


Agée de 38 ans, Madame Espérance Nyandwi est veuve avec 5 enfants et 2 orphelins. Après le décès de son mari par accident et avant que la maison familiale ne soit vendue, elle vit à Kinama avec ses enfants car dans la crise les familles mixtes hutu-tutsi ont eu beaucoup de problèmes : les enfants issus de ces familles étaient refoulés de l'un ou de l'autre côté pendant que les quartiers étaient balkanisés. Alors certains parents étaient obligés de rester avec leurs enfants du côté où ces enfants étaient acceptés. C'est le cas d'Espérance qui était obligée de rester dans un quartier hutu à cause de ses enfants.
La maison familiale est située à côté du bureau de la Zone où sont stationnés des militaires tutsi. L'ayant reconnue comme une des leurs car un des officiers était de sa famille, ces militaires ont demandé à Espérance de préparer leur repas aussi longtemps qu'ils étaient sur cette position mais entre temps, il y avait des combattants hutu, voisins et connaissances, qui ont demandé de se cacher pendant la journée dans la chambre d'Espérance car c'est le dernier endroit où les militaires les soupçonneraient de se cacher. Elle a accepté cette situation mais en faisant promettre séparément à ces deux groupes de ne rien tenter pour nuire à son entourage. " c'était une situation très dangereuse pour moi, les voisins et mes enfants mais je n'avais pas d'autres choix " raconte-t-elle. " ceci a duré jusqu'à ce que les militaires nous disent d'évacuer car ceux qu'on amenait après eux étaient très méchants et sans pitié " poursuit-elle. Ainsi, sa famille et ses voisins ont vidé les lieux ensemble.
L'un des militaires lui sauvera la vie. De Kinama, avec quelques femmes et leurs familles, elles se sont réfugiées à Carama pour retourner à Kinama après quelques temps. Une nuit, un groupe de voleurs les attaquent. Mais ne parvenant pas à ouvrir la porte de la maison, ils exigent que les occupants leur ouvrent. Pendant que les assaillants attendent que la porte soit ouverte, ceux qui étaient dans la maison en ont profité pour s'échapper par une fenêtre de derrière sauf un des enfants qui leur échappera à la fin
Le jour après, elle et sa famille se sont déplacées à Kamenge. Là aussi , une nuit, un groupe de bandits est venu les attaquer. Dans ce groupe, il y avait certains des assaillants de Kinama et ceux-ci ont voulu la tuer : " on m'a déshabillée, on m'a battue et j'avais le canon d'un fusil pointé sur ma tête. C'est alors qu'un autre du groupe veut voir ma tête. On braque la lumière d'une lampe torche sur mon visage et il me reconnaît. En me reconnaissant, il s'oppose à mon exécution et dit aux autres de me laisser car ils ont déjà tout volé dans la maison. Ils discutent violemment et à la fin ils s'en vont. Celui qui m'a sauvé la vie est l'un des militaires qui venaient se restaurer chez moi ".
Dans cette période, Espérance est obligée d'aller vivre pendant quelques temps dans un quartier tutsi pour sa sécurité et se résigne, aussi pour leur sécurité, à laisser ses enfants à Kamenge sous la protection de certaines familles qui ont vécu avec eux à Kinama dans le temps, où elle viendra de temps en temps leur rendre visite.
Beaucoup de familles mixtes ont connu ce problème et nombre de ces mariages ont été rompus à cause des contraintes ou des pressions venant des familles et concernant surtout la sécurité.

 

 

Madame NTAHORWAMIYE Scholastique


Son nom est Ntahorwamiye Scholastique. Elle a 52 ans et vit à Kamenge. Enseignante de formation, elle est l'une des sages femmes que nous connaissons. " Dès l'âge de 13 ans, j'ai accompagné ma mère pour les accouchements à domicile surtout ceux faits pendant la nuit ou dans des milieux où le centre de santé était éloigné et j'ai beaucoup aimé. C'est pourquoi je suis devenue sage femme " me confie-t-elle.
En milieu rural ou urbain, beaucoup de femmes enceintes font appel aux sages femmes. surtout lorsqu'il y a un problème pendant la grossesse ou au moment d'accoucher. Ces femmes ont employé des méthodes traditionnelles pour exercer leur métier et avaient la confiance de la communauté. " J'éprouve toujours du bonheur et de la fière de voir grandir un enfant que j'ai aidé à venir au monde ; c'est comme si il était de moi " dit-elle avec joie.
Suite à l'insécurité ou au manque de moyens , beaucoup d'accouchements se sont fait à la maison. Les dangers étaient nombreux et certains nouveaux-nés ou leurs mamans mourraient s'il y avait complication pendant l'accouchement faute d'intervention d'un personnel spécialisé. Il n'y avait pas de possibilités financières pour beaucoup de femmes pour les soins de santé à l'hôpital ou aux centres de santé qui leur sont proches : Il ne reste qu'à faire recours aux sages femmes pour les aider à accoucher.
" Il nous est arrivé, en plein nuit avec des crépitements de balles, qu'on soit obligé de sortir pour aller faire un accouchement. Nous essayions de surmonter notre peur en nous convaincant que c'était vital pour la mère et le bébé. En sortant, nous mettions nos lampes au dessus de nos têtes et nous y allions. Dieu, merci, personne d'entre nous n'a été victime en ce moment-là. " ajoute-t-elle avec soulagement.
La malnutrition, le stress permanent, le déplacement incessant, le manque de soin ont été les causes de plusieurs décès chez les femmes et les bébés.
" les conditions d'hygiène doivent être strictes pour limiter le risque de contaminer et la mère et l'enfant ou être contaminée soi-même par les infestions sexuellement transmissibles, le tétanos ou le VIH Sida. "
Pour limiter les décès des mères et d'enfants, ces femmes ont été formées pour mieux faire leur travail : en plus du matériel en cas de nécessité, elles doivent encourager le suivi de la grossesse et l'accouchement à l'hôpital ou au centre de santé, assurer la protection des nouveaux-nés par les vaccins, éduquer à l'hygiène, etc.
En plus, elles ont été formées comme techniciens de santé communautaire : sensibiliser sur les maladies transmissibles et carentielles, espacement des naissances, orienter en cas de violence, etc.
Elle déplore toutefois que les sages femmes aujourd'hui sont en majorité des vieilles et que les jeunes femmes ne sont pas intéressées. Elle voudrait aussi que des sensibilisations se fassent pour que les communautés, et surtout les hommes, prennent conscience des difficultés mais aussi du courage dont les femmes en général et celles qui leurs sont proches en particulier, font preuve pendant les grossesses et les accouchements afin de leur donner le respect et le soutien qu'elles méritent.

 

 

Madame NTAHOMBAYE Angéline


A 45 ans, Ntahombaye Angéline, vient de la colline Buzige dans la Commune de Kanyosha. Veuve en 1994, cultivatrice de profession, ses études s'arrêtent en. 6e primaire. Elle est mère de 7 enfants dont 2 sont décédés.
" Au début, nous avons commencé à assister toute victime : de viol, de torture, blessure et nous les acheminionsr au centre de santé pour les soins. "
En 1995, le viol a pris de l'ampleur quand les populations de Bujumbura rural ont été regroupées dans des camps. Les victimes étaient les femmes qui allaient chercher la nourriture, l'eau et le bois de chauffage en dehors des heures et des limites fixés. D'autres, réquisitionnées pour porter du bois de chauffage ou d'autres charges étaient violées à leur arrivée à destination. Ce phénomène de viol s'est aggravé quand il y a eu changement dans les positions militaires. Les femmes ont commencé à surveiller de près pour connaître les femmes qui étaient prises et amenées en dehors du camps et celles qui y restaient. Il arrivait des jours où les gens étaient interdits de sortie pourtant ils devaient chercher leur nourriture du jour au jour. Pour ne pas mourir de faim, un groupe de femmes dont faisait partie Angéline est allé demander la permission de sortir et d'aller chercher à manger pour les familles. Et c'est pendant ces sorties qu'elles profitaient de chercher et de récupérer les femmes qui étaient violées et abandonnées. Elles les transportaient et les amenaient en cachette dans le camps. La réaction de gens étaient variée : certains compatissaient, d'autres riaient, d'autres encore les reprochaient et les accusaient de renforcer la guerre, que leurs actes diffamaient l'Etat et que s'opposer à ces exactions et violences ne devait pas se faire. A un certain moment, les femmes ont demandé secours aux hommes pour qu'ils aillent intervenir auprès de l'administrateur de l'époque mais ils ont refusé disant qu'elles voulaient les faire massacrer. " nous nous sommes nous-même rendues chez l'administrateur pour qu'il intervienne et il nous a rétorqué ce qui se passait était normal et qu'il n'y avait rien à faire ". Malgré ce refus, elles ont continué à s'occuper des femmes victimes : " après les avoir ramasser, nous les massions, creusions des trous où nous mettions des sachets ou des feuilles de bananier avec de l'eau chaude et quelques plantes et nous les faisions asseoir dedans pour les soigner. Quelque fois, nous demandions aux femmes qui allaient accoucher de nous amener un peu d'alcool que nous mélangions aussi à cette eau chaude ". C'était le traitement qu'elles connaissaient. Il est même arrivé qu'elles soient rejetés par les autres et obligées de s'éloigner avec les victimes. L'administration restant inactive, quand il a été possible, elles ont recouru au Prêtre pour que dans toutes les succursales, ses homélies dénoncent le comportement inhumain de ceux qui les accusaient, les menaçaient, se moquaient et rejetaient les victimes. Ces homélies soutenaient aussi les victimes pour qu'elles ne perdent pas espoir..
A la fin, elles ont pensé à chercher une organisation des Droits de l'Homme pour assistance. Après des journées d'errance et de recherche, elles ont localisé la " Ligue Iteka " et les bureaux de l'ONU qui les ont aidé à faire reconnaître cette violence aux autorités des ces hommes en armes.
Elles ont vécu beaucoup de souffrance et de peur surtout lorsqu'il fallait aller se cachez avec les victimes. " Moi, j'ai eu beaucoup de chance car ma famille comprenait mon action et m'aidait comme elle pouvait ; mais d'autres n'ont pas eu cette chance car il y avait des femmes et même des filles, victimes, chassées par leurs familles ".
Pour ces femmes qui ont si souffert, les plus courageuses ont même eu le courage de se faire dépister et la majorité a été contrôlée positive.
Une question se pose : pourquoi dans les guerres, aujourd'hui, les hommes en armes s'acharnent-ils sur les femmes ? Qu'est-ce qu'elles ont à voir dans leur recherche de pouvoir ? Des Droits de l'Homme, les femmes en sont-elles exclues pour qu'on les traite moins que des animaux ? Et encore aujourd'hui, ce phénomène s'est répandu sur tous les âges, les sexes, les provenances et en plus ce forfait est actuellement banalisé : c'est scandaleux!

 

Madame GIRUKWISHAKA Marie Rose


" Je m'appelle Girukwishaka Marie Rose, mariée à Mbonerane Albert. Je suis née en 1958, mère de 3 enfants dont 2 garçons, une fille et 2 autres adoptifs dont un garçon et une fille ".
Les voici en Allemagne en Septembre 1993 où son mari venait d'être nommé ambassadeur. Un mois après, c'est la guerre dans le pays. Toutes les nouvelles sont mauvaises : des victimes dans la famille, des amis, des connaissances. Leur seul recours est de se confier à Dieu qui Seul peut leur donner la force de résister. Situation difficile pour un ambassadeur d'un pays en guerre. En juillet 1996, il y a coup d'Etat et son mari reste en poste jusqu'en octobre 1996. Comme l'Etat qui a donné le poste n'existait plus, ils se sont installés dans une autre ville d'Allemagne où le mari a travaillé comme journaliste. Entre temps, les choses évoluaient dans le pays car on commençait à penser aux les négociations. Il est à souligner que son mari a été le 1er à encourager les négociations.
Ce fut le temps des négociations, en Italie, entre le gouvernement et le CNDD. " J'étais toujours à ses côtés pour l'encourager car seul le dialogue pouvait ramener la paix perdue. En ce temps-là, les Burundais de toutes ethnies ne comprenaient rien à la négociation. "
Après tant d' années d'exil, ils ont décidé de rentrer au pays car ils ont pensé que leur mission se trouvait au Burundi : participer à la reconstruction avec les autres. Les amis et compatriotes à qui ils en ont parlé n'ont pas compris comment vouloir rentrer dans un pays encore en guerre et les ont pris pour des fous. " Ce n'était pas facile pour moi. On me disait de ne pas le suivre, qu'il a déprimé. Ma réponse était catégorique : je dois rentrer avec lui. Il n'y a pas lui et moi. Comme mon mari, ils m'ont traitée de folle en constatant que j'étais décidée de rentrer avec lui. Alors ils nous ont dit de ne pas prendre les enfants avec nous car si il faut mourir, ils nous faut mourir seuls. " ils ont subi des beaucoup de pressions: des papiers allemands, un travail, la scolarisation des enfants, des propositions avantageuses pour ne pas retourner au Burundi. S'est posée alors la question de comment ils allaient vivre au Burundi sans travail, sans habitation, comment déménager … Rentrer, c'était renoncer à la sécurité et s'exposer à l'inconnu et ses dangers. La décision n'était pas facile à prendre. La force, une fois encore, ils l'ont puisée dans la prière et le soutien de certains de leurs famille et amis. L'ultime signe est venu de la réception des passeports burundais juste au moment opportun : pour eux, cela a confirmé la volonté de Dieu pour leur décision. Leur retour a suscité celui de beaucoup de Burundais au pays - mais très peu de femmes - surtout avec la mise en place du gouvernement de transition. Des personnes rencontrées à Bujumbura leur demandaient de quoi allaient-ils vivre et habiter " et nous nous avons dit que nous allions chercher du travail et participer avec les autres à la construction du pays, mais aussi que nous allions créer une ONG pour lutter contre la malaria qui fait plus de victimes que la guerre " Cette action visait à aider les gens à se soigner avec leur peu de moyens et a été soutenue par un organisme allemand par des dons des médicaments. Ce qui a été fait : il s'agit de l'association " action de lutte contre la malaria ALUMA-BURUNDI " avec le centre anti-malaria St François d'Assise ouvert depuis le mois d'avril 04 à Kamenge.
Un accueil hostile : une dépêche sur eux a entraîné beaucoup de difficultés pour leur installation jusqu'à leur donner des doutes sur leur retour. Mais heureusement, ils avaient la foi et des amis qui les ont vraiment aidé et ils leur remercie.
" En conclusion, je suis contente de tout ce qui s'est passé. Je ne pouvais pas mon mari partir seul : il a besoin de moi et moi de lui. A deux la mission devient facile. La recherche de la paix pour le pays, dans la construction de notre pays, nous devons apporter notre brique. Dans tout ce parcours, nous avons senti la main de Dieu avec nous : il est formidable Mais aussi je demanderai au peuple Burundais d'avoir l'amour de leur patrie et aux femmes de soutenir leur mari dans des actions constructives. "
La recherche de la paix a besoin des " fous " comme Marie-Rose et son mari. Des " fous " qui n'hésitent pas à prendre des risques, des " fous " dont la foi est un puissant support : foi en Dieu, foi en l'homme. Etre artisan de paix est un choix parfois dangereux et seuls ceux qui y croient fermement s'y risquent. Nous avons besoin de beaucoup de " fous " de tout genre pour rendre notre humanité meilleur

 

 

Madame NIBIGIRA Marie


Son nom est Nibigira Marie, twa, a 19 ans, mariée depuis 5 ans sans enfants (les filles se marient en bas âge chez les Batwa comme dans toutes les familles traditionnelles) Elle a adopté 4 orphelins twa dont les parents sont tous morts et compte aller récupérer un autre orphelin twa de 2 mois.
Elle nous a décrit comment son ethnie vivait dans le temps " Avant la crise de 1993, notre ethnie twa n'avait pas de statut. Nous vivions entre nous parce que nous ne pouvions pas nous mélanger avec les autres ethnies : nous étions en quelque sorte des intouchables dans toutes les communautés sur l'étendue du Burundi pourtant nous parlons la même langue mais avec certaines intonations propres à nous. Nous nous sentions nous-mêmes inférieurs aux autres car nous avons vécu ainsi depuis toujours. La principale activité que mon ethnie exerçait était la fabrication des pots qui étaient vendus à presque rien. L'agriculture que nous pratiquions était un travail pour ceux qui nous hébergeaient quelque part dans leur propriété. Nous étions un peuple sans terre, sans aucune possession, donc très pauvre. Cet état de chose a fait que l'instruction était pratiquement inconnue et inaccessible pour la presque totalité de notre ethnie."
Quand la guerre a éclaté, les twa ont dû fuir les combats comme tous les autres parce qu'ils étaient aussi tués et accusés de fraterniser avec l'un ou l'autre camp. " Quand nous fuyions les combats, nous étions obligés de nous rassembler entre nous mais personne ne nous accueillait parce que nous étions twa. On nous jetait en dehors du rassemblement des autres déplacés hutu ou tusti et nous étions obligés de nous mettre à l'écart des autres ". Les conséquences de la guerre les ont aussi touchés : viol des femmes et filles, prostitution forcée pour nourrir ses enfants, des orphelins et veuves, maladies multiples, faim, malnutrition et beaucoup de mort…
" La misère que nous vivions déjà avant la guerre était grande mais avec la guerre, c'était devenu pire de sorte que nous avons commencé à aller mendier dans la rue parce que en cette période, nous ne pouvions même pas fabriquer ces pots ni aller chercher du travail dans les champs pour survivre "
Heureusement, il y avait la 1ère dame twa à être nommée parlementaire par le gouvernement de 1995 qui, voyant que ses frères et sœurs étaient oubliés, a commencé à parler en leur faveur pour leur procurer un peu d'aide.
Regroupés dans un site à Buterere, une des zones de la Mairie, les Batwa, y ont accueilli quelques hutu et tutsi qui étaient dans la même situation de misère que nous pour vivre ensemble. Dans le souci de rechercher la paix, il a fallu que les communautés se rencontrent pour voir ensemble comment travailler main dans la main pour une cohabitation pacifique : " Ce qui nous a le plus émus, surtout les femmes du site, c'était de rencontrer d'autres personnes, surtout des femmes des quartiers Nord qui sont venues nous rendre visite dans l'intention de nous intégrer et pouvoir vivre ensemble. C'est depuis ces temps-là que nous avons réalisé que nous étions, à la fin, comme les autres et que nous pouvions vivre avec les autres ". Marie est parmi les femmes batwa qui veulent convaincre les autres batwa d'aller de l'avant : elle fait de l'alphabétisation pour les autres.
Même si la situation n'est pas meilleure : hommes et femmes batwa sont majoritairement analphabètes et vivent par des petits travaux de champs, mais seulement pendant la période de récolte de riz - c'est surtout les femmes qui vont travailler pendant que les hommes restent à la maison - beaucoup d'enfants ne vont pas à l'école à cause des frais scolaires et de la faim, beaucoup d' orphelins qui vivent dans des familles qui n'ont rien et en plus de tous les problèmes et complications qu'il y a, Marie trouve qu'il y a du bon dans ce qui s'est passé : " la guerre a au moins permis que mon ethnie soit aussi reconnue comme faisant partie du pays et que nous avons aussi notre contribution à apporter dans la reconstruction et la cohabitation pacifique. "
L'exclusion est un déni des Droits de l'Homme. Le risque n'est pas seulement pour la personne ou le groupe exclu mais aussi pour ceux qui le pratiquent car ils peuvent la pratiquer entre eux pour telle ou telle différence. Les situations de guerre et autres conflits sont souvent causées par l'exclusion. Le développement d'un peuple est la prise en considération de toutes les différences existantes et de l'inclusion de tous dans tous les domaines de la vie.

 

Qui di seguito potrete leggere 12 testimonianze di donne burundesi che nella loro vita e soprattutto negli ultimi difficili anni della storia burundese, hanno dimostato coraggio, tenacia e amore, con semplici e quotidiani ma straordinari ed efficaci gesti di accoglienza, aiuto e rispetto verso il prossimo. Sono 12 biografie scritte da Dona Mabonge, con la collaborazione di Ngendakuriyo Egide e di Harushimana Guillaume.

 

Signora HICUBURUNDI Véronique

Nata nel 1939, la Signora HICUBURUNDI Véronique, abita nel quartiere di Cibitoke, 6e avenue n° 22, ha 66 anni. È madre di 9 figli di cui 7 viventi (6 femmine e 1 maschio) e nonna di 16 nipoti.
Il suo primo salvataggio avviene nel 1989. Véronique si reca a trovare una parente che abita alla 8 e avenue dello stesso quartiere. Una donna, vicina di casa della sua parente, gli racconta di nascosto che suo fratello ha nel suo paniere la bimba che sua moglie ha appena partorito. E siccome nessuno puó assicurare la sopravvivenza di un bambino già malsano, hanno deciso di gettarlo via perché in tutti i modi non arriverà a sopravvivere. Avendo ascoltato tutto questo Véronoque scandalizzata dice : " vi rendete conto di quello che dite? Se nessuno nella vostra famiglia puó incaricarsene, ebbene datelo a me" racconta con collera.
La piccola le viene donata e lei la porta a casa con sè. Ma sorgono altri problemi: la sua famiglia è contro l'arrivo della bambina, in quanto visti i mezzi già limitati in loro possesso questo porterà ancora ulteriori spese. "Mio marito per protestare non ha più dormito con me per circa un anno, cambiando anche camera" confida Véronique ridendo maliziosamente. Ma infine la piccola é stata accettata e accolta da tutta la famiglia ed ora é una bella ragazza di quindici anni.
Il suo secondo salvataggio avviene nel 2000. Gli abitanti del quartiere rientrano con il conta goccie dai loro allontanamenti a causa della guerra. Quel giorno, molto presto, i militari vengono a sveglire Véronique chiedendogli di seguirli perchè avevano appena trovato un bebè. Véronique esce precipitosamente dal letto e li segue nella via accanto, la 7e al numero 5, e là nascosta tra i rovi e il lacrime trova la nuova nata. Veloce scosta il rovo prende la piccola e la porta a casa, scalda dell'acqua, la lava e la porta all'ospedale per le prime cure.
Poi c'è il problema di come nutrire la piccola. "Per fortuna, quando vado al CJK una suora mi fa una carta e cosí sono ricevuta alla parrochia di Kamenge dove per otto mesi il latte e le altre cure per la piccola sono assicurate senza problemi."
"Oggi, Noëlla Havyarimana ha 5 anni ed è l'ultima della famiglia" dice Véronique con fierezza.
Il problema delle gravidanze e dei bambini non voluti è uno dei problemi sociali ai quali la popolazione e le autorità dovrebbero far fronte in quanto molti adulti e giovani, anche minori vivono una sessualità sfrenata, e le comunità nemmeno reagiscono. Poche sono le notizie sugli aborti eseguiti e ancor meno sui neonati uccisi e gettati via. Quante sono le vittime che restano nell'ombra e nel silenzio?
Tale problema di condotta dissoluta si complica ancor più a causa di tutte le malattie sessualmente trasmissibili come e soprattutto l'aids.
Le domande poste da Véronique: " cosa fanno i genitori? cosa fanno le comunità? cosa fanno le autorità? fino a quando durerà?..." siano un appello per tutti e soprattutto per donne che sono la culla della vita.

 

Signora BUKURU Pascasie

Si chiama Pascasie Bukuru, ha…. anni, è vedova, ha perso suo marito durante la distruzione della chiesa di Kinama e è madre di due bambini (una femmina e un maschio), tutti morti ammazzati.
Nei primi periodi della guerra, inizi 1994, ci sono molti spari nessuna tregua nè di giorno nè di notte. Alcuni muoiono, altri fuggono e ritornano ancora. Oltre ai massacri e ai rapimenti, c'è anche il fenomeno non ancora troppo frequente della "violenza sessuale".
In serata le persone rientrano molto presto a casa e vi si barricano, per riuscirne solo l'indomani mattina quando gli spari saranno diminuiti.
Qulla sera, come tutte le altre sere, Pascasie e la sua famiglia si rinchiudono in casa. Verso le 19 degli uomini armati bussano alla porta e esigono che quest'ultima sia aperta, altrimenci si saranno dei danni. La famiglia si raggruppa e il marito di Pascasie è obbligato ad aprire. Qualcuno del gruppo entra in casa. Ed esige che la ragazza li segua. Gli altri componenti della famiglia si oppongono, ma sotto le minacce si rassegnano a vedere la piccola partire. Il giorno dopo, la ragazza viene trovata morta in un campo, una bottoglia di birra inserita nel suo sesso. Pascasie aggiunge tristemente: "non abbiamo fatto niente… niente dico… l'abbiamo solo sepolta... Aveva vent'anni. E nello stesso anno anche mio figlio è stato ammazzato."
Nel 2000 Pascasie vive sola. L'insicurezza è ancora grande. Una famiglia viene a domandarle ospitalità in quanto la loro casa è stata distrutta. Due mesi dopo questa famiglia sparisce, e una sera un militare arriva, le fa aprire la porta e le domanda di uscire per mostrargli la 20a Strada. Pascasie gli risponde che non puó uscire perché muoversi a quell'ora è pericoloso. Il militare si arrabbia. Comincia a dargli colpi in pancia e sulla testa. Lei grida ma nessuno ha il coraggio di uscire per la paura. " Il sesto colpo che ho ricevuto sulla testa mi ha annientato e ho perso conoscenza. Qundo mi sono ripresa, qualcuno era sopra di me, nudo. Gli ho storto il sesso, è caduto e io mi sono salvata." L'indomani mattina, l'Amministratore di quartiere dell'epoca arriva con qualcuno della Ligue Iteka e la portano a medicarsi.
Alla fine Pascasie aggiunge: " E ancora oggi continuo a farmi curare. Sai quando sono venuta a trovarti, dieci giorni dopo l'aggressione, ho voluto testimoniare lo stesso anche se in quel momento era pericoloso." E con furbizia, dice: " in ogni caso, io sono una donna vecchia" e ride.
Madame Pascasie Bukuru è stata tra le prime donne a denunciare pubblicamente le violenze fatte dai soldati. Oggi vive con tre orfani che ha accolto con lei.

 

 

Signora NDABAHINYUYE Charlotte

Si chiama Ndabahinyuye Charlotte é vedova, ha 63 anni e abita a Cibitoke alla 8e avenue n°82.
È madre di 6 figli tutti morti, 3 durante la guerra e 3 a causa di malattie. Attualmente ha in carico 6 orfani: 2 bambini e altri 4 nipoti di cui i genitori sono morti. "La vita ci fa apprendere molto e io sono riconoscente a Dio di avermi preservato tale e quale, con le mie piccole gioie e pene di ogni giorno" Come la maggioranza delle donne, anche lei è contadina e non ha finito gli studi a causa di una malattia avuta durante l'infanzia: "forse sarei in grado di parlare il francese se avessi terminato di studiare" aggiunge ridendo. Racconta che la sua è una storia banale come ce ne sono tante altre simili se non peggiori. Quando comincia la guerra nel 1993, come molti altri anche lei pensa che non durerà che poco tempo. È in questo periodo che la maggiore delle sue figlie (45 anni) viene bruciata viva sulla strada di Bugarama: è la prima vittima di questo genere. Il suo terzo figlio, è morto decapitato a Ngozi da persone venute dalla provincia di Karusi. " Quando tutto questo è successo credevo di essere al fondo della disperazione. Ma altre persone, di tutte le etnie, hanno subito la stessa sorte o altre cose indicibili e che probabilmente non saranno nemmeno mai conosciute o perseguite dalla giustizia" aggiunge con tristezza.
Suo fratello, ufficiale nell'Arma Nazionale di Bujumbura è stato ucciso a Kinama e il suo cadavere sarà ritrovato solo una settimana più tardi. Era lui che provvedeva a tutti i suoi bisogni.
Malgrado queste perdite e nel periodo in cui i Quartieri Nord sono divisi e inaccessibili, Charlotte salva un ragazzo hutu di Rubirizi con le sue 5 casse di birra nelle mani delle milizie con l'aiuto di un ufficiale della Polizia Municipale. Interviene anche per salvare un congolese, che era venuto a salutare al sorella insegnante a Kinama e aveva avuto la sfortuna di passare per Cibitoke e cadere nelle mani dei miliziani che lo stavano picchiando su tutto il corpo.
"Il bene non si perde mai, i due ragazzi che ho salvato sono ritornati a trovarmi per ringraziarmi" dice con fierezza.
Charlotte ha partecipato anche a un programma di sensibilizzazione e di mobilitazione per il ritorno degli hutu che erano fuggiti dal quartiere. Dal 1995 ad oggi dona alloggio anche ad una vedova di Tenga, la cui la famiglia è stata decimata.
"Questa guerra ha fatto molti danni tanto umani che materiali, ma questo non deve spingerci né alla vendetta né all'amarezza" afferma Charlotte con forza.

 

 

Signora NIYONKURU Suzanna

"Mi chiamo Suzana Niyonkuru, sono nata a Kamenge dove ho sempre vissuto tranne quando la guerra mi ha obbligato a spostermi. Ho … figli e … anni".
A Bujumbura, questo quartiere, insieme a quello di Kinama e ad una parte di Cibitoke vicina a Kamenge sono stati il cuore della guerra, mentre negli altri quartieri le persone vivenano più o meno normalmente.
Nel … siamo tutti fuggiti dal quartiere che è restato vuoto per … mesi. Abbiamo sofferto molto, soprattutto noi donne che avevamo il compito di occuparci dei bambini intanto che gli uomini erano o a combattere o in fuga o morti. Le persone erravano in tutti gli angoli: dispersi in altri quartieri, raggruppati in campi per sfollati o in luoghi malsani e paludosi dove nessuno aveva mai vissuto prima. La vita era divenuta impssibile, gli aiuti quasi assenti o almeno troppo pochi e solo per chi aveva la fortuna di riceverli. Molti sono morti a causa della malnutrizione, per gli spari ricevuti o di malattia. La paura, il sospetto e la disperazione erano onnipresenti. Voci dicevano che nessuno sarebbe rientrato nel quartiere, che ci avrebbero costruito un campo militare o ricavato campi per il pascolo delle vacche.
Infine, dopo mesi di trattazioni la popolazione è stata autorizzata a rientrare in quartiere. Tutto distrutto: nessuna casa con il tetto, l'erba più alta degli uomini, era una giungla. "Mancavano solo le antilopi per essere veramente nella foresta" dice Suzana divertita.
Dopo due o tre visite, le persone hanno avuto il permesso di rinstallarsi.
Le prime trenta persone rientrate, sono state obbligate a vivere tutte insieme in 6 case mezze demolite affianco al quartiere Ngagara. Queste persone sono tutte morte di fame.
Nel 1997 altri hanno cominciato a rientrare, vivendo a 10 o 20 per un rudere. Erano soprattutto donne e bambini.
" Noi abbiamo avuto la fortuna di aver trovato aiuti al Centre Jeunes Kamenge grazie al quale abbiamo avuto materiale per il decespugliamento e cosi abbiamo potuto incominciare a ricostruire, fabricando mattoni.
Grazie al concorso del Centre Jeunes Kamenge e del Centro della la Pace per le donne, noi siamo stati in diversi luoghi: da "Jonhson" e da "le Gentil" a Gatumba per sensibilizzare i vicini hutu a ritornare in quartiere e ricostruire cosí insieme; in seguito siamo stati nei luoghi dei nostri vicini tutsi cosí come in altri quartieri per sensibilizzare il ritorno."
In questo periodo le privazioni e la miseria erano totali e la gente era obbligata a sopravvivere. Cosí le idee prioritarie delle associazione che prendevano piede in quel periodo erano per la lotta contro la fame, il mutuo soccorso e la pace.
Tutto questo è stato possibile grazie alle donne che da sempre posseggono l'arte di inventare soluzioni per la sopravvivenza e la coabitazione.
Suzanna ha terminato dicendo: " Noi donne dobbiamo essere fiere di ció che abbiamo realizzato perchè abbiamo permesso al quartiere di rivivere".


 

 

 

 

 

Signora SIMBANDUMWE Scholastique

Lei è Simbandumwe Scholastique, sposata, madre di 7 bambini e inoltre si occupa anche di 4 orfani. Ha 43 anni e vive a Mubone che prima faveva parte della Provincia di Bujumbura rurale, Comune Mutimbuzi e che attualmente è diventato un quartiere della Zona di Buterere nel Comune di Bujumbura.
Certi luoghi hanno bene o male resistito al caos della guerra, come ci racconta questa signora : " All'inizio della guerra, noi ci siamo riuniti per costituire un comitato di crisi, hutu e tutsi insieme. Ci siamo accordati per restare solidali e soprattutto eravamo d'accordo per mettere in guardia i nostri giovani contro le devianze giovanili osservate in altri quartieri: minacce, uccisioni, saccheggi, ecc.."
Apparentemente, questa prevenzione è stata salutare per il fatto che tutte le case sono restate in piedi e intatte durante tutto il periodo degli avvenimenti. Mubone è stato uno dei quartieri di cui ci si è serviti per l'asilo, sia di persone che fuggivano dai quartieri di Bujumbura città: Kinama, Kamenge, Cibitoke, Bwiza, Buyenzi, Musaga, Kanyosha, sia per quelli che fuggivano dalla Bujumbura rurale: Mutimbuzi, Maramvya, Rubirizi, Muzinda, Tenga, ecc...
Con l'aiuto dell'amministrazione locale, l'accoglienza dei profughi era stata organizzata: c'era chi era alloggiato in famiglie, chi in chiese o in hangars. Inivitabili sono stati dei casi di epidemie scoppiate a causa della promiscuità e della fame, inoltre dato che tutte queste persone a casa loro vivevano dei frutti dell'agricoltura, ora non potevano più procurarsi l'essenziale per vivere. " Noi guardavamo, imptenti, la miseria nella quale vivevano queste persone, era veramente straziante".
É stato allora che Scholastique e altre donne venute da differenti località hanno deciso di mettrsi insieme per creare delle associazioni per sopravvivere. C'erano molti pericoli andando nei campi, a causa dei banditi ma questo non ci ha impedito in quanto in verità i pericoli erano ovunque: le violenze alle donne quando esse ritornavano a vedere le loro case durante i periodi di calma, quando andavano a cercare la legna per il riscaldamento, i furti e la distruzione delle case, ecc...
Siccome la guerra è perdurata, ci sono stati anche da noi dei casi di furto, di uccisioni per mano di gruppi armati; questo ha portato alla fuga di alcuni di noi dal quartiere, a causa della paura. Ma le loro case sono restate sotto la nostra protezione e non sono mai state demolite. Attualmente, molti dei nostri profughiche erano qui sono rientrati a casa loro, ma alcuni si sono installati qui definitivamente.
" Quello che mi incanta è che certi membri delle nostre associazioni che sono ritornati a casa loro, a Muzinda, a Rubirizi, a Maramvya e altrove, hanno costituito delle nuove associazioni.
Quando ne incontro alcune mi dicono che procede tutto molto bene. Sarebbe formidabile se noi potessimo incontrarci per fare degli scambi reciproci, questo ci farebbe del bene e rinforzerebbe ancora più le nostre relazioni" mi confida Scholastique.

 

 

Signora NSENGIYUMVA Marie Goretti

La signora Nsengiyumva Marie Goretti a 47 anni e vive a Kamenge. É madre di 4 bambini e ha in carico altri 6 orfani.
La guerra ha generato dei vulnerabili: delle vedove, degli orfani e soprattutto le persone si sono trovate ancora più povere che avanti a causa della distruzione e dei saccheggi dei loro beni.
"Quando siamo ritornati nel nostro quartiere completamente distrutto, ci domandavamo perchè ricominciare. Ma la malnutrizione, il fatto d'essere mal vestiti, l'insalubrità dei luoghi e i pericoli che tutto questo rappresentava ci hanno premuto a fare la scelta migliore che dovevamo fare"
Siccome, nonostante tutto, la vita doveva continuare, le donne sono state obbligate a raggrupparsi in associazioni. Marie Goretti è una delle persone responsabili delle associazioni delle donne. Questa associazione "Abajinama" raggruppa le donne vedove di Kamenge, Kinama, Musone, Jabe, di cui alcune anche anziane.
"La nostra associazione è stata creata per aiutarci e perché noi possiamo lottare contro la fame, ma anche per apportare il nostro contributo alla riconciliazione e alla coabitazione pacifica".
Esse fanno dell'agricoltura e fabbricano dei cestini in paglia. Queste vedove hanno molte difficoltà ad occuparsi dei bambini per la mancanza di ció che è necessario, ma anche a causa del clima di insicurezza morale che caratterizza tutti i paesi in guerra. Nell'apprensione di contribuire alla ricerca della pace, lei è una delle donne che cercano di diminuire le sofferenze a causa delle violenze che la popolazione subisce e soprattutto le violenze verso le donne " è triste che la vita non sia più rispettata qui in Burundi. Si assiste anche a una continua e più spaventosa degradazione dei costumi. Mi domando quale sarà l'avvenire dei nostri giovani con tutto quello che stà succedendo" dice.
In effetti da quando la guerra è cominciata fino ad oggi, si è assistito a molti tristi fenomenni: violenze su donne, ragazze e bambini, furti, assasinii, arrresti arbitrari, prostituzione di adulti e minori, vendette, sparizioni, aumento della vulnerabilità: bambini di strada, handicappati e anziani senza assistenza, la delinquenza, la prolificazione delle armi, l'inflazione, le malattie trasmissibili e debilanti, la droga, l'abbandono alle responsabilità familiari, l'alcolismo, la corruzione, ecc... Tutti questi problemi minano la nostra società. Il più grave è la banalizzazione: molti non vedono più la gravità di quello che succede e trovano normale l'attuale situazione di decadenza.
" È spiacevole constatare che tutti questi fenomeni sono conosciuti da diverso tempo. Ci sono casi che non si possono nemmeno denunciare altrimenti ci si espone al rischio di morte. Tutto questo è complicato dal l'impunità dei crimini e da una solidarietà negativa rimarcata anche nelle fasce più basse della popolazione" agggiunge Marie Goretti.
Malgrado tutto, certe persone sono coscienti di che cos'è la responsabilità del governo e delle comunità che devono essere incaricate di lottare contro questi flagelli.
C'è anche il fatto che le persone hanno vissuto delle soffetenze senza nome con tutti gli avvenimenti che si sono succeduti in questo paese dopo l'indipendenza e che niente è mai stato fatto per attenuare le conseguenze negative a livello psicologico.

 

 

 

 

 

 

 

 

Signora NDAYIZIGIYE Spès

 

Lei si chiama Ndayizigiye Spès, 45 anni, insegnante, sposata e madre di 5 figli ma ha anche in carico 4 orfani, abita a Gasenyi.
All'epoca abitava a l'ETS. La popolazione scappava dai combattimenti che si svolgevano sulle colline. Nel 1995 questa signora accoglie in casa sua 4 famiglie hutu venute da Gihosha e Gikungu rurali: una coppia, 3 vedove e i loro 12 figli. Fino al 1997 queste famiglie vivranno con lei.
Queste famiglie come tante altre fuggivano poi ritornavano a casa loro quando c'era un po' di calma. Alla fine la signora Spès gli ha accolti con lei dissuadendoli a ritornare mentre lo stato di insicurezza permaneva. Lei e suo marito hanno preso in carico tutti i bisogni dei loro protetti: cibo, salute e scolarizzazine dei bambini in quanto a questi fuggiaschi non restava più nulla dopo il passaggio dei combattenti che disrtuggevano e rubavano tutto.
Quando nel 1997, le persone di Gikungu et di Gihosha rurali hanno cominciato a rientrare nelle loro case, la coppia ha tenuto i bambini con sé continuando ad occuparsene, solo nel 1998 le famiglie hanno potuto rientrare nelle loro case anche con i bambini.
È a partire da questo momento che per permettere a queste famiglie di sopravvivere, lei e quelle donne, cosí come altre che hanno accettato di aggiungersi, hanno formato una associazione agricola in quanto era solo questo che queste donne sapevano fare.
Ancora oggi, dopo che l'uomo del gruppo è morto ucciso da un obice, la famiglia della signora Spès ha ripreso in carico i due figli di quest'ultimo. Lei continua a pagargli le spese scolastiche e ad aiutare la madre traumatizzata per la morte del marito.
"Dovevo continuare la mia azione per non fermarmi a metà cammino" dice.
È nelle situazione difficili, malgrado le sofferenze e l'ipotenza, che certe persone permettono di sottolineare la loro umanità. Ovunque sul territorio ci sono molte referenze e testimonianze in questo senso. Questo per noi significa che fare il bene o fare il male è una scelta. Numerosi sono quelli che si scaricano dalla responsabilità della loro colpa, crimine o passività sugli altri per discolpevolizzarsi. Che si sia manipolati o no, la responsabilità di ciascuno deve essere riconosciuta e accettata perchè la coscienza del male nel fatto di uccidere, di distruggere o di saccheggiare è in ciascuno di noi.

 

 

Signora NYANDWI Espérance

 

Di anni 38 la signora Espérance Nyandwi è vedova con 5 bambini e 2 orfani. Dopo la morte di suo marito a causa di un incidente e prima che la casa di famiglia fosse venduta, Espérance viveva a Kinama con i suoi bambini perchè durante la guerra le famiglie miste hutu-tutsi hanno avuto molti problemi : i ragazzi usciti da queste famiglie erano cacciati da una parte all'altra intanto che i quartieri erano chiusi. Certi genitori erano obbligati a stare nei posti dove i loro figli erano accettati. È il caso d'Espérance che è stata obbligata a restare in un quartiere hutu a causa dei suoi figli.
La casa di famiglia era situata affianco ad un ufficio della Zona, dove stazionavano dei militari tutsi. Avendola riconosciuta come una di loro in quanto uno degli ufficiali era della sua famiglia, questi militari avevano domandato a Espérance di preparare per loro i pasti per tutto il tempo che sarebbero restati là, ma nel frattempo, c'erano dei combattenti hutu, vicini e conoscenti, che avevano domandato di potersi nascondere, durante il giorno, nella camera di Espérance in quanto sarebbe stato l'ultimo posto dove i militari li avrebbero cercati. Lei ha accettato questa situazione, ma facendo promettere alle due parti separatamente di non tentare nulla per nuocere alla sua famiglia. " Era una situazione molto pericolosa per me, i vicini e i miei figli, ma non avevo altra scelta" racconta "questo è durato fino a quando i militari ci dissero di evacuare perché quelli che sarebbero arrivati dopo di loro erano molto cattivi e senza pietà" prosegue Espérance. Cosí la sua famiglia e i suoi vicini se ne sono andati insieme.
Uno di questi militari gli salverà la vita. Da Kinama, con alcune donne e le loro famiglie, si sono rifugiate a Carama per rientrare a Kinama dopo qualche tempo. Una notte un gruppo di ladri le attacca. Non riuscendo ad aprire la porta, hanno obbligato gli occupanti ad aprirla. Intanto che gli assaltatori aspettavano che la porta fosse aperta, le persone che erano dentro la casa ne hanno approfittato per scappare da una finestra sul didietro, tranne uno dei bambini che peró alla fine riuscirà comunque a scappargli.
Il Giorno dopo lei e la sua famiglia si sono spostati a Kamenge. Anche là una notte un gruppo di banditi è venuto ad attaccarli. In questo gruppo c'erano alcuni assaltatori di Kinama e quest'ultimi volevano ucciderla: "Mi hanno spogliata, mi hanno picchiata e avevo una canna di fucile puntata alla testa. È stato allora che uno del gruppo ha voluto vedere il mio viso. Proietta la luce di una torcia sul mio volto e mi riconosce. Riconoscendomi si oppone alla mia esecuzione e dice agli altri di lasciarmi in quanto avevano già rubato tutto in casa. Discutono animatamente e alla fine se ne vanno. Quello che mi ha salvato la vita era uno dei militari che venivano a ristorarsi a casa mia."
A quel momento Espérance è obbligata, per la sua sicurezza, ad andare a vivere per qualche tempo in un quartiere tutsi, e a lasciare i bambini a Kamenge dove lei potrà tornare a trovarli periodicamente.
Molte famiglie miste hanno conosciuto questo problema e diversi matrimoni sono stati rotti a causa di costrizioni o di pressioni, concernenti soprattutto la sicurezza, che venivano dalle famiglie.

 

 

 

Signora NTAHORWAMIYE Scholastique

 

Ntahorwamiye Scholastique, ha … anni e vive a Kamanga. Di formazione insegnante, é una delle " femmes sages " che noi conosciamo.
"É da quando avevo 13 anni che accomagno mia mamma per i parti in casa, soprattutto per quelli fatti durante la notte o nei posti lontani dai Centri di Sanità, ho sempre amato molto tutto questo. Ed è grazie a cio' che ora sono una " femme sage " mi confida.
Nei posti rurali e urbani, molte donne incinta fanno appello alle " femmes sages ", sopratutto quando hanno un problema durante la gravidanza o al momento del parto. Queste donne hanno adottato dei metodi tradizionali per esercitare il loro mestiere e per avere la fiducia della comunità . " Provo felicità e fierezza quando vedo diventare grande un bambino che ho fatto nascere, è comme se fosse mio" dice con gioia.
In seguito all'insicurezza e alla mancanza di mezzi, molti parti sono stati fatti in casa. I pericoli erano numerosi e certi nuovi nati o le loro mamme morivano se c'erano complicazioni durante il parto.
"Ci è successo di essere obbligate a partire in piena notte, sotto i tiri di fucile. Cercavamo di superare le nostre paure e di autoconvincerci che la nostra presenza era vitale per la madre e per il nascituro.Uscendo mettevamo le lampade sopra le nostre teste e partivamo. Grazie a Dio, nessuna tra di noi è stata vittima in quei momenti là." aggiunge con solievo.
La malnutrizione, lo stress permanente, gli spostamenti incessanti, la mancanza di cure sono state la causa di numerosi decessi di donne e bambini.
Per limitare tali decessi, queste donne sono state formate per meglio svolgere il loro lavoro: con più materiali in caso di necessità, esse devono incoraggiare il seguito della gravidanza e del parto all'ospedale o nei centri di sanità, assicurare la protezione dei nuovi nati con vaccini, educare all'igiene, ecc...
In più esse sono state formate come "tecnici della salute comunitaria": per sensibilizzare sulle malattie trasmissibili e debilitanti, sull'intervallo tra le nascite, sull'orientamento in caso di violenza, ecc…
Scholastique si lamenta che le "femmes sages" di oggi sono in maggioranza anziane e che le giovani non sono interessate ad apprendere questo mestiere. Essa vorrebbe, inoltre, che fossero fatte sensibilizzazioni per le cominità, e soprattutto per gli uomini, in modo che essi possano prendere coscienza delle difficoltà ma anche del coraggio di cui le donne in generale danno prova durante la gravidanza e il parto per riconoscergli infine il rispetto e il sostegno che meritano.


 

 

 

 

 

Signora NTAHOMBAYE Angéline

 

Lei è Ntahombaye Angéline, viene dalle colline Buzige nel Comune di Kanyosha. Vedova dal 1994, di professione agricoltrice, i suoi studi si fermano alla fine delle scuole elementari. Ha 45 anni ed è madre di 7 figli, di cui 2 sono morti.
"All'inizio abbiamo cominciato ad assistere tutte le vittime: di vilonze, di tortute, ferite, e le portavamo ai Centri di Sanità per le cure"
Nel 1995, la violenza ha preso piede quando le popolazioni di Bujumbura rurale sono state raggruppate nei Campi. Le vittime erano le donne che andavano a cercare il cibo, l'acqua e la legna per il fuoco fuori dalle ore dei limiti fissati. Altre reclutate per portare legna per il fuoco o per altri compiti erano violentate al loro arrivo a destinazione. Questo fenomeno delle violenze si è aggravato quando c'è stato un cambiamento nelle posizioni militari. Le donne hanno cominciato a sorvegliare da vicino per conoscere le donne che erano prese e portate fuori dal campo e quelle che restavano. C'erano giorni in cui alle persone era vietato di uscire, cosi erano si era costretti a cercare il cibo giorno per giorno. Per non morire di fame, un gruppo di donne di cui faceva parte Angéline è andato a domandare il permesso di uscire per andare a cercare di cosa mangiare per le loro famiglie. Ed era durante queste uscite che esse cercavano di recuperare le donne che erano state violentate ed abbandonate. Le trasportavano di nascosto al campo. Varia e diversa era la reazione delle persone: certi compativano, altri ridevano, altri ancora rimproveravano e accusavano di rinforzare la guerra, che i loro atti diffamavano lo Stato e che non bisognava opporsi a queste azioni e violenze.
A un certo punto, le donne hanno chiesto l'aiuto degli uomini perchè essi intervenissero parlando con con l'allora amministratore, ma essi hanno rifiutato dicendo che non volevano farsi massacrare, "ci siamo rese noi stesse dall'amministratore perchè intervenisse e lui ci a risposto che quello che avveniva era normale e che non c'era nulla da fare". Malgrado questo rifiuto esse hanno continuato ad occuparsi delle donne vittime di vilolenze "dopo averle raccolte, le riunivamo, scavavamo dei buchi dove mettavamo dei sacchetti o delle foglie di banano con acqua calda e qualche pianta facendole sedere là dentro per curarle. Qualche volta domandavamo alle donne che aiutavano per i parti di portarci un po' di alcool per mescolarlo a questa acqua calda".
Era il trattamento che esse conoscevano. É successo anche che esse fossero rifiutate dalle altre donne e obbligate ad allontanarsi con le vittime. L'amministratore restava inattivo, quando era possibile, esse hanno ricorso al prete perchè in tutte le succursali le sue omelie denunciassero il comportamento inumano di quelli che le accusavano, le minacciavano, le prendevano in giro e rifiutavano le vittime. Queste omelie auguravano anche alle vittime di non perdere la speranza.
Alla fine esse hanno pensato di cercare un'organizzazione per i Diritti dell'Uomo per avere assistenza. Dopo giorni di errante ricerca hanno trovato la "Ligue Iteka" e gli uffici dell'ONU che le hanno aiutate a far conoscere questo tipo di violenza alle autorità di questi militari.
Esse hanno vissuto molte sofferenze e molte paure soprattutto quando bisognava nascondersi con le vittime. "Io ho avuto molta fortuna perché la mia famiglia comprendeva le mie azioni e mi aiutava come poteva; ma altre non hanno avuto questa fortuna in quanto c'erano donne e ragazze vittime di violenza cacciate dalle loro famiglie".
Le più coraggiose tra queste donne che hanno cosí sofferto, hanno avuto il coraggio di fare il test per analizzare la sieroposività, e la maggioranza sono risultate positive.
Una domanda nasce spontanea: perché, oggi, durante le guerre i militari si accaniscono contro le donne? Esse che cosa hanno a vedere con la loro ricerca del potere? Dai Diritti dell'Uomo, le donne sono escluse perché le si tratta come fossero meno che animali? E ancora oggi, questo fenomeno è ripartito su tutte le età, i sessi, le provenienze e il più é attualmente banalizzato: è scandaloso!

 

Signora GIRUKWISHAKA Marie Rose

 

"Mi chiamo Girukwishaka Marie Rose, sono sposata a Mbonerane Albert. Sono nata nel 1958, sono madre di 3 figli naturali, 2 maschi e 1 femmina, e di altri 2 adottivi, 1 maschio e 1 femmina" .
Ecco tutta la famiglia in Germania nel settembre del 1993 dove suo marito era stato nominato ambasciatore. Un mese dopo inizia la guerra in Burundi. Tutte le notizie sono brutte: vittime tra i familiari, tra gli amici e i conoscenti. Unico ricorso è d'indirizzarsi a Dio, solo Lui puó dargli la forza di resistere. Situazione difficile per un ambasciatore di un paese in guerra. Nel luglio 1996 c'è il colpo di stato e suo marito resta in carica fino all'ottobre 1996. Visto che lo Stato che gli aveva dato il posto di lavoro non esisteva più, essi si sono installati in un'altra città tedesca dove suo marito ha lavorato come giornalista. C'è da sottolineare come suo marito sia stato il primo a incoraggiare i negoziati.
Fu il tempo dei negoziati, in Italia, tra il governo e il CNDD. "Ero sempre al suo fianco per incoraggiarlo in quanto solo il dialogo poteva riportare alla pace persa. A quei tempi i burundesi di ogni etnia non capivano nulla dei negoziati"
Dopo tanti anni di esilio, essi si sono decisi per ritornare in Burundi in quanto avevano pensato che la loro missione si trovava lí: partecipare alla ricostruzione con gli altri. Gli amici e i compratrioti con i quali hannoparlato non arrivavano a comprendere la voglia di rientrare in un paese ancora in guerra e li hanno presi per matti. " Non era facile per me. Mi dicevano di non seguire mio marito, la mia risposta era categorica: devo rientrare con lui. Non c'è un lui e un me. Mi hanno trattato come una folle dato che ero decisa a rientrare con lui. Allora ci hanno detto di non portare con noi i nostri figli, che se volevamo morire dovevamo farlo da soli." I ragazzi hanno subito molte pressioni: i documenti tedeschi, un lavoro, la scuola per i più piccoli, tutte proposte vantaggiose per non ritornare in Burundi. Si è allora posto il problema di come potevano vivere in Burundi senza un lavoro, senza un'abitazione, come traslocare… Rinetrare significava rinunciare alla sicurezza ed esporsi al non conosciuto e ai suoi pericoli. La decisione non era facile da prendere. La forza, ancora una volta, li ha spinti alla preghiera e alla ricerca del sostegno delle loro famiglie e degli amici. Infine è arrivato l'ultimo segno al momento opportuno, l'arrivo dei passaporti burundesi, per essi questa è stata la conferma della volontà di Dio per la loro decisione.
Il loro ritorno a suscitato anche quello di molti altri burundesi, ma di poche donne, soprattutto con l'avvento del governo di transizione. Persone incontrate a Bujumbura gli domandavano di cosa avrebbero vissuto "abbiamo risposto che avremmo cercato lavoro, e avremmo partecipato con gli altri alla ricostruzione del paese, ma anche che noi avremmo creato una ONG pour lutter contre la malaria che ha fatto più vittime che la guerra". Questo progetto vuole aiutare la gente a curarci con i pochi mezzi che hanno a disposizione, é stato sostenuto da una organizzazione tedesca per la donazione dei medicinali. Si tratta di un'associazione "azione per la lotta contro la malaria ALUMA-BURUNDI" con il centro anti-malaria St François d'Assise aperto dall'aprile 2004 a Kamenge.
Un'accoglienza ostile: un dispaccio che poneva dei dubbi sul loro ritorno gli ha creato molte difficoltà. Ma fortunatamente, essi avevano la fede e degli amici che li hanno veramente aiutati e li ringraziano.
"In conclusione sono contenta di tutto quello che é successo. Non potevo lasciare solo mio marito: lui ha bisogno di me e io di lui. In due le cose sono più facili. Dobbiamo apportare il nostro mattone per la ricerca della pace e la ricostruzione del nostro paese. Durante tutto il cammino abbiamo sentito la mano di Dio su di noi: é formidabile! Ma io domanderei al popolo burundese d'amare la propria patria, e alle donne di sostenere i loro maritine nelle azioni costruttive."
La ricerca della pace ha bisogno di "folli" come Marie-Rose e suo marito. Di "folli" che non esitano a correre dei rischi, dei "folli" cui la fede é un potente sostegno: fede in Dio, fede nell'uomo. Essere artigiani della pace é una scelta a volte pericolosa e solo quelli che ci credono fermamente vi si arrischiano. Abbiamo bisogno di molti "folli" e di tutti i generi per rendere la nostrà umanità migliore!

 

 

 

 

Signora NIBIGIRA Marie

 

Il suo nome è Nibigira Marie, twa, ha 19 anni, è sposata da 5 e non ha figli (anche lei, come in tutte le famiglie tradizionali Batwa si è sposata in tenera età). Marie ha adottato 4 orfani twa di cui i genitori sono morti e conta di poter recuperare un altro orfano twa di 2 mesi.
Ci ha descritto come la sua etnia viveva nel passato "prima della crisi nel 1993, la nostra etnia twa non aveva statuto. Vivevamo tra di noi perché non ci potevamo mescolare alle altre etnie: eravamo in qualche modo degli intoccabili in tutte le comunità estese in Burundi, anche se parlavamo la stessa lingua noi avevamo certe cadenze che appartengono solo a noi. Non ci sentiamo inferiori agli altri, solamente noi abbiamo da sempre vissuto cosí. La principale attività esercitata dalla mia etnia era la fabbricazione di vasi, venduti per quasi niente. L'agricoltura la praticavamonelle terrei delle persone che ci davano ospitalità sui loro terreni. Noi eravamo un popolo senza terra, senza possedimenti, quindi molto poveri. Questo ha portato ad una mancanza di accesso all'istruzione per la quasi totalità della nostra etnia".
Quando la guerra è scoppiata, i twa sono dovuti scappare dai combattimenti come tutti gli altri, in quanto anche loro uccisi e accusati di fraternizzare con uno o l'altro campo. "Quando fuggivamo dagli scontri, eravamo obbligati ad assemblarci tra noi ma nessuno ci accoglieva perché eravamo twa. Ci buttavano fuori dai rassamblamenti degli altri rifugiati hutu o tutsi e siamo stati obbligati a stare distanti dagli altri". Anche loro sono stati toccati dalle conseguenze della guerra: stupri a donne e ragazze, prostituzione forzata per nutrire i propri bambini, orfani e vedove, malattie, fame, malnutrizione morte…
"La miseria che noi vivevamo già prima della guerra era grande ma con questa guerra, è diventato ancora peggio, al punto che ad un certo periodo abbiamo incominciato a mendicare sulla stada, non potevamo fabricare i nostri vasi né cercare dei campi da coltivare per sopravvivere".
Fortunatamente per il governo del 1995, c'è stata la prima donna twa ad essere nominata parlamentare, che vedendo dimenticati i suoi fratelli e le sue sorelle batwa, ha cominciato a parlare in loro favore per procurare un po' di aiuti.
Ragruppati a Buterere, una zona del comune, i Batwa, hanno accolto qualche hutu e qualche tutsi che erano nella stessa situazione di miseria, per vivere insieme. Nella preoccupazione della ricerca della pace, le comunità si sono rincontrate per decidere insieme come lavorare mano nella mano per una coabitazione pacifica: "quello che più ci ha emozionato, soprattutto noi donne, era di incontrare altre persone, soprattutto le donne dei Quartieri Nord che sono venute a trovarci con l'intenzione di integrarci e di poter vivere insieme. É da allora che noi abbiamo realizzato di essere come gli altri e che possiamo vivere con gli altri". Marie è tra le donne batwa che vogliono convincere le altre batwa ad andare avanti: Marie porta avanti un'attività di alfabetizzazione per le altre donne.
Anche se la situazione non è delle migliori: la maggioranza degli uomini e delle donne batwa sono analfabeti e vivono grazie ha dei piccoli lavori nei campi, ma solo durante la raccolta del riso - sono soprattutto le donne che vanno a lavorare mentre gli uomini restano a casa - molti bambini non vanno a scuola a causa delle tasse scolastiche e della fame, molti orfani vivono in famiglie che non hanno niente e dove ci sono ulteriori complicazioni, Marie pensa che ci sia del positivo in tutto quello che è successo: "la guerra ha almeno permesso che che la mia etnia fosse riconosciuta come facente parte di un paese e che anche noi possiamo donare il nostro contributo per la ricostruzione e la coabitazione pacifica".
L'esclusione è una negazione dei Diritti dell'Uomo. Il rischio non è solo per la persona o il gruppo escluso ma anche per quelli che la praticano infatti essi la possono praticare anche tra loro per quella o quell'altra differenza. Le situazioni di guerra o di altri conflitti sono spesso causate da fenomeni di esclusione. Lo sviluppo di un popolo è la presa in considerazione di tutte le differenze esistenti e dell'inclusione di tutti e in tutti i campi della vita.